L’Uniopss réagit aux annonces du CIH

Alors que le dernier Comité interministériel sur le handicap s’est achevé le 20 septembre, l’Uniopss fait part de son analyse sur les différentes mesures gouvernementales annoncées.

A la suite du Comité interministériel sur le handicap (CIH) qui s’est tenu le 20 septembre et aux différentes mesures annoncées par le gouvernement, l’Uniopss a souhaité réagir et apporter sa contribution. Lors de ce Comité, le Premier ministre, Édouard Philippe, et la secrétaire d'État aux Personnes handicapées, Sophie Cluzel, ont tout d’abord annoncé qu’un travail approfondi devrait démarrer dans les prochaines semaines pour déboucher sur des plans d'action ministériels au début de l'année 2018. En dépit de ce programme à moyen terme, plusieurs mesures devraient être d’ores et déjà mises en œuvre.

C’est le cas de l’allocation aux adultes handicapés (AAH). Aujourd’hui d’un montant de 810 euros, elle passera à 860 euros au 1er novembre 2018, puis à 900 euros au 1er novembre 2019. Cette revalorisation de 11 % se fera donc en deux temps et sera totalement effective dans 26 mois. L’Uniopss regrette que cette revalorisation ne soit pas confirmée en totalité pour 2018 et qu’elle s’accompagne d’une perte d’autonomie financière, puisque le mode de calcul de la prise en compte de la situation familiale va être modifié. Autrement dit, le niveau de ressources garanti à un couple comptant un bénéficiaire de l’AAH s’établira à 1,5 fois celui d’une personne isolée et non plus 2 fois comme c’est le cas actuellement.

Le gouvernement affirme également vouloir généraliser la démarche « Une réponse accompagnée pour tous » d’ici à 2018 et faire aboutir la réforme de la tarification des établissements et services sociaux et médico-sociaux accueillant des personnes handicapées. Afin que de permettre le passage d’une logique de place à une logique de réponses adaptées aux besoins et aux attentes des personnes, l’Uniopss rappelle qu’il est nécessaire de mettre en œuvre un accompagnement au changement piloté, renforcé et coordonné dans les territoires (établissements, services, autorités de tarification).

Avec les JO 2024, une des mesures envisagées par le gouvernement est de rendre accessible la pratique d’activité physique et sportive, notamment dans les lieux éducatifs et/ou de vie (en milieu scolaire, dans les établissements socio-médicaux sociaux). Le Premier ministre s'engage, par ailleurs, à ce que 100 % des logements neufs soient, non pas systématiquement adaptés, mais systématiquement adaptables, afin de permettre au logement d'évoluer en fonction du handicap. L’Uniopss rappelle que l’accès aux biens, services et activités est bien un droit essentiel pour tous. Par conséquent, pour les logements neufs, le réseau, ne saurait se satisfaire d’une politique qui manquerait d’ambition.

Plus globalement, l’Uniopss déplore l’absence de prise en compte de l’avancée en âge de notre société dans un contexte où aucun référent en charge de cet enjeu de société n’est spécifiquement identifié. Alors que Manuel Valls, ancien Premier ministre, avait annoncé l’abrogation de la barrière d’âge des 75 ans lors du CIH du mois de décembre dernier, l’Uniopss regrette que l’abrogation des barrières d’âge des 60 et 75 ans dans l’allocation des prestations de compensation n’ait pas été envisagée lors de ce CIH. Pour l’Uniopss, la société n’est vraisemblablement pas prête à accueillir ce choc démographique, cette évolution fulgurante des besoins d’accompagnement à l’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées.