Dans la continuité de sa plateforme pour la campagne de l’élection présidentielle, l’Uniopss interpelle le nouveau gouvernement, en communiquant ses Préoccupations prioritaires pour les 5 ans à venir.
Dans le secteur de la Lutte contre les exclusions, l'Uniopss définit les priorités suivantes :
1. Réduire la pauvreté doit être un objectif central du Quinquennat. Les associations de solidarité proposent que la Nation se donne un objectif de réduction de la pauvreté d’un tiers en cinq ans. Pour cela, l’indicateur monétaire ancré dans le temps sera abandonné et des indicateurs consensuels adoptés avec le CNLE et l’ONPES et suivis dans le temps.
2. Afin d’atteindre cet objectif, le gouvernement doit tout d’abord s’engager à « sanctuariser le principe de la protection sociale ». En effet, la grave crise économique et sociale qui secoue notre pays impose plus que jamais l’absolue nécessité de maintenir notre protection sociale au niveau qui est le sien aujourd’hui. Il s’agit en effet d’un des derniers filets de sécurité pour nos concitoyens. Toute réduction de notre protection sociale conduirait à une paupérisation grave d’une large part de la population.
3. Afin de tenir l’objectif de réduction de la pauvreté, le gouvernement fera adopter par le Parlement une loi de programmation quinquennale interministérielle pour lutter contre toutes les dimensions de la pauvreté (revenu minimum, emploi, logement, santé, éducation, formation etc.). Cette loi sera préparée et évaluée par une Conférence annuelle de lutte contre la pauvreté, réunissant tous les acteurs, notamment associatifs.
4. Les associations demandent que les pouvoirs publics développent une politique participative à l’égard des personnes en situation de pauvreté. Ces personnes doivent être associées à l’élaboration des politiques publiques, et, en premier lieu, des politiques de lutte contre la pauvreté. Pour cela des outils existent : CCPA, CCRPA, collège ad hoc du CNLE… Il convient d’organiser une participation de personnes en situation de pauvreté aux instances consultatives qui élaborent, suivent la mise en œuvre et évaluent les politiques, au niveau national et territorial.
5. Il est nécessaire d’améliorer fortement l’accès aux droits. Beaucoup de personnes pauvres ignorent leurs droits ou renoncent à les faire valoir. Il importe de simplifier les droits, de développer l’information au plus près des populations concernées, de ne pas stigmatiser les personnes qui demandent leurs droits et de sanctionner les refus de soins.
6. Enfin, les associations demandent que toutes les politiques publiques – et notamment toute nouvelle loi – fassent l’objet ex ante d’une étude d’impact de leurs mesures sur la pauvreté et l’exclusion.