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Après deux ans de plan pluriannuel interministériel de lutte contre la pauvreté : il est urgent de booster le plan et de le territorialiser !
Communiqué de presse du 26/01/2015

Si le plan de lutte contre la pauvreté est toujours sur les rails, l’impulsion interministérielle qui a marqué la première année et la dynamisation de l’ensemble par Matignon semblent avoir fléchi. Par ailleurs, la mise en œuvre du plan n’a pas pu empêcher l’aggravation de la pauvreté. C’est pourquoi le Collectif ALERTE, à l’origine du plan dès 2012, présente 67 propositions pour impulser une nouvelle phase.


Le Plan pauvreté a sans doute permis d’amortir un peu le choc de la crise économique pour les plus fragiles. Pour autant, les pauvres sont de plus en plus pauvres et éloignés du seuil de pauvreté (987 €).

Ressources
ALERTE salue le respect par le gouvernement de ses engagements concernant la revalorisation du RSA socle. Le Collectif soutient l’idée d’une fusion du RSA activité avec la prime pour l’emploi mais demande qu’il n’y ait pas de perdants parmi les personnes sous le seuil de pauvreté.
Concernant la garantie jeunes, ALERTE demande que des moyens soient donnés aux missions locales pour pouvoir « aller vers » les jeunes les plus en difficulté.

Accès aux soins
Le Collectif souligne positivement les revalorisations de la CMUC et de l’Aide à la Complémentaire Santé (ACS), mais le taux d’utilisation de l’ACS (moins de 50 %) est insuffisant et les contrats offrent des garanties trop limitées. ALERTE demande que le seuil de la CMUC soit porté au niveau des minima sociaux (AAH et ASPA). Les mesures pour la prévention du renoncement aux soins pour raisons financières sont trop limitées (encadrement de certains tarifs), voire inexistantes (limitation des dépassements d’honoraires).Il faut instaurer le tiers payant généralisé. La lutte contre les refus de soins est trop timide.

Etats généraux du travail social
ALERTE demande qu’au terme des Etats Généraux, les travailleurs sociaux soient désormais associés à l’élaboration, au suivi et à l’évaluation des politiques de lutte contre l’exclusion, aux niveaux national et local, comme cela commence à être le cas pour les personnes en situation de pauvreté.

Personnes étrangères
Trop de mineurs isolés étrangers se retrouvent à la rue sans prise en charge. La stigmatisation de populations est revenue dans le discours gouvernemental au sujet des Roms et la circulaire d’août 2012 est très mal appliquée ; la répression prend trop fréquemment le pas sur la prévention. L’expulsion des bidonvilles se fait souvent, aujourd’hui, sans respect des Droits de l’Homme. ALERTE dénonce cet état de fait et en appelle au retour au principe de non-discrimination prévu dans le plan.

Enfance
Les associations s’inquiètent des statistiques provisoires indiquant que les créations nettes de solutions d’accueil de jeunes enfants n’ont pas atteint les objectifs quantitatifs fixés pour 2013.

Hébergement et logement
La situation est très préoccupante et les progrès tardent à venir. Quatre graves dangers se font jour : une forte baisse des aides à la pierre qui vient compromettre la production de logements à bas coûts de loyer ; la remise en cause de l’APL, pourtant indispensable pour l’accès et le maintien dans le logement ; le non-respect par l’Etat de ses obligations concernant le DALO en Ile-de-France (54 000 personnes laissées sans solution) et les gens du voyage ; enfin le non-respect du droit à l’accueil inconditionnel (doublement en un an des personnes laissées sans solution après appel au 115 !) : il est urgent de mettre enfin réellement un terme à la gestion saisonnière de l’hébergement.
ALERTE demande que la « garantie universelle des loyers » soit réellement universelle et que l’encadrement des loyers soit étendu aux zones tendues.

Emploi
ALERTE en appelle à un Accord National Interprofessionnel sur les chômeurs de longue durée et à une prise en compte beaucoup plus forte de leurs besoins en formation par un abondement du Compte Personnel de Formation.

Gouvernance
Le plan souffre de ne pas avoir de déclinaisons territoriales. La circulaire du 16 juillet 2014 va dans le bon sens. Le plan sera sauvé par sa territorialisation ou échouera. ALERTE recommande qu’une « structure projet » souple soit mise en place au niveau national pour aider et soutenir les initiatives locales de territorialisation, et que le lien soit fait avec la démarche AGILLE.


Au total, le plan, deux ans après, est un progrès mais ne permettra pas de mettre un terme à l’intensification de la pauvreté. Il faut frapper plus fort. Les 67 propositions du Collectif ALERTE constituent l’esquisse d’une deuxième phase du plan de lutte contre la pauvreté que les associations jugent aujourd’hui indispensable.

ALERTE appelle le Président de la République et le Premier ministre à un sursaut pour déclarer la guerre à la pauvreté, lit de toutes les dérives, et à mobiliser la population de la France pour donner sens à un projet de société.

Contacts presse

Bruno Grouès – 01 53 36 35 09 – bgroues@uniopss.asso.fr
Valérie Mercadal – 01 53 36 35 06 / 07 – vmercadal@uniopss.asso.fr


(c) Réseau Uniopss-Uriopss, 27/01/2015
FICHE N°80846
Mis à jour le : 27/01/2015
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